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Nos comportements de l'age de pierre (3/3)

par Jiby (08-02-2013)

L’être humain actuel a été façonné par les conditions particulières de la préhistoire qui a duré des millions d’années. Les 500 ans qui nous séparent du moyen-âge ou encore les 5 000 à 10 000 ans qui se sont écoulés depuis la fin de la préhistoire sont négligeables à l’échelle des temps nécessaires aux processus de l’évolution (et notamment pour qu’une mutation génétique puisse se répandre de manière significative). Ainsi, il n’existe pas de différences biologiques (y compris génétiques) qui distinguent l’humain d’aujourd’hui des humains préhistoriques. Les différences qui nous semblent pourtant flagrantes, ne sont que des différences culturelles cumulées depuis quelques milliers d’années qui nous « habillent ». Elles ne changent pas ce que nous sommes intrinsèquement. Pour comprendre le fonctionnement humain (et notamment comportemental), il peut être intelligent de replacer l’humain dans les contextes où il s’est façonné. C’est le travail de la psychologie évolutionniste, une discipline scientifique récente.

Voici quelques exemples de règles générales de comportements humains nous venant de nos origines. Elles sont donc très répandues chez les humains mais ne sont pas obligatoirement présentes chez tous. Ces règles sont parfois inconscientes, et même contestées dans la mesure où elles sont parfois en conflit avec la morale que nos sociétés nous imposent.

Les hommes préfèrent les femmes belles (grands yeux, belles dents, cheveux brillants, lèvres pleines, petits mentons, silhouette « en forme de sablier »). Ces critères de beauté semblent les mêmes dans toutes les cultures. Ils correspondent précisément aux caractéristiques physiques qui se développent lorsqu’une femme a une forte production d’hormones de fécondité. Les hommes sélectionnent donc des femmes selon des critères (définissant la beauté) leur permettant (inconsciemment) de savoir si une femme est féconde et a de forts risques d’être enceinte ou non (et donc de pouvoir transmettre les gènes à une descendance).

De même, les hommes sont attirés par les femmes à forte poitrine car la présence d’une forte poitrine indique une femme capable de nourrir sa progéniture (et donc capable de diminuer les risques de mortalité par dénutrition de l’enfant).

Les hommes sont attirés par les femmes jeunes (y compris quand ils sont vieillards) car chez les humains, la période de fécondité chez la femelle est courte. Une femme trop âgée ne peut plus avoir d’enfant et ne peut donc plus permettre la transmission des gènes.

Les hommes préfèrent les femmes vierges car cela leur permet de s’assurer que l’enfant qu’elles mettront au monde est bien le leur et qu’ils ne perdront pas d’énergie à élever un enfant qui n’est pas le leur (et qui ne porte donc pas leurs gènes mais des gènes « concurrents »). La femme, elle, est sûre que l’enfant qu’elle porte est bien d’elle. Elle attache donc moins d’importance à la virginité.

Les hommes qui ont des yeux bleus préfèrent les femmes qui ont des yeux bleus. En effet, dans le cas de figure où les deux parents ont les yeux bleus, l’enfant aura forcément les yeux bleus. Cela permet donc à l’homme de détecter plus facilement si un enfant n’est pas le sien. Bien sûr, la raison de cette préférence est inconsciente. (Là encore, ce n’est pas forcément réciproque, les femmes aux yeux bleus ont moins souvent cette préférence. De plus, il faut préciser que ce cas de figure s’applique aux caractères génétiques récessifs uniquement : un homme aux yeux bruns n’aura pas forcément d’intérêt à préférer une femme aux yeux bruns ou bleus, puisque l’enfant pourra avoir des yeux bleus dans les deux cas.)

Les hommes sont plus souvent infidèles que les femmes et il est moins bien perçu pour une femme d’être infidèle que pour un homme. En effet, comme nous l’avons déjà vu, un homme infidèle a plus de chance d’avoir des descendants qu’un homme fidèle, dans la mesure où il transmettra ses gènes à un plus grand nombre de femelles. Alors que la femelle aura tendance à sélectionner un homme fidèle car elle a besoin qu’il reste à s’occuper des enfants une fois nés, pour augmenter leurs chances de survie. En quelque sorte, pour transmettre ses gènes, l’homme mise sur la quantité lorsque la femme mise sur la qualité. Cela peut également expliquer que la polygamie masculine est répandue dans de nombreuses sociétés humaines alors que la polygamie féminine n’existe presque pas.

Les femmes cherchent un homme qui sera capable de subvenir aux besoins de la progéniture. C’est la raison pour laquelle, elles préfèrent un homme riche, qui a du pouvoir (plus forte chance de réussite pour la descendance), généreux (permet de détecter inconsciemment qu’un homme a des moyens importants s’il peut se permettre d’être généreux) à condition que la générosité ne perdurent pas lorsque les enfants sont nés (il ne faudrait pas que la générosité favorise les autres au détriment des siens), attentionné (qui s’intéresse à elle, lui fait des cadeaux, etc.).

Les sociétés où il y a beaucoup de mortalité infantile (Afrique, moyen âge en occident, etc.) sont des sociétés où les couples ont un plus grand nombre d’enfants que les sociétés où la mortalité infantile est faible (en raison de progrès médical notamment). En effet, la mortalité importante doit être compensée par une forte natalité pour maintenir l’existence de la population. De même que, contrairement à ce que les journalistes prétendent régulièrement dans les médias, la hausse de natalité indique une crise (qui a lieu ou vient d’avoir lieu) plutôt qu’une embellie.

Les enfants choisissent leurs pairs (autres enfants) comme modèles plutôt que leurs parents. En effet, les jeunes sont plus innovants (et donc peuvent faire évoluer la culture). De plus, la culture des nombreux pairs est plus enrichissante (car plus variée) que la culture de deux parents. Une culture enrichie permet d’avoir des outils plus nombreux pour face aux difficultés de la vie et aux changements (notamment de l’environnement) qui peuvent se produire. Il n’y aurait que peu de progrès si les enfants étaient identiques à leurs parents. La culture par les pairs permet donc d’accéder indirectement à la culture de plusieurs parents plutôt qu’uniquement aux deux siens. On peut également signaler que durant les millions d’années d’évolution de l’humain, de nombreux enfants ont du grandir sans parents et ils devaient donc avoir d’autres modèles pour se développer.

Nos ancêtres vivaient dans des groupes (tribus) contenant de plus en plus d’individus. Le bavardage (commérage, etc.) aurait permis de créer des liens entre les membres d’une communauté et de les maintenir. Ainsi, se demander ce que devient Michel ou de dire des ragots sur Josianne, permet de détecter quand quelque chose ne va pas dans le groupe, pour essayer d’y remédier. La stratégie de groupe explique également le « moutonnisme » dans la mesure où une personne qui ne pense pas comme les autres peut être perçue comme un danger pour l’idée dominante du groupe.

 

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