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La raison scientifique (2/3)

par Jiby (24-11-2012)

Il existe différents types de « raison » et celle qui est dominante encore dans notre société d’aujourd’hui est la raison de la science. On peut considérer qu’il s’agit d’une évolution de la « raison dogmatique » qui l’a précédée.

Cette vision de la raison consiste à partir de faits et d’observations, de tenter de les expliquer, de les démontrer. Ainsi, annoncer qu’un animal est en voie de disparition, par exemple, ne devient raisonnable qu’une fois que ceci a été prouvé. C'est-à-dire que la raison étant représentée par la science, les choses ne font partie de ce qui est rationnel qu’une fois démontrées. Ainsi, avant de prouver une idée, celle-ci est du domaine de la croyance, c'est-à-dire quelque chose qui n’est pas sûr (on parle alors d’hypothèse). Dès que la chose est vérifiée par la méthode scientifique, on admet qu’elle est vraie : ce n’est plus une croyance. Dans ce cas, on peut considérer que la croyance est le point de départ de la recherche et de la découverte de faits avérés. Pour un scientifique, la raison, c’est admettre des choses déjà démontrées. La croyance est ce qu’on pense être la réalité, la raison est ce qu’on sait être la réalité.

Le problème est que, dans ce cas, la raison est limitée par les progrès de la science, qui n’explique pas encore tous les phénomènes. Dès lors, il faut accepter de vivre dans une réalité partielle puisque certaines choses ne sont pas encore démontrées et qu’il est difficile de dire qu’elles sont réelles si elles ne sont pas prouvées scientifiquement. Lorsque la science « prend du retard », la raison en fait autant.

Il faut éviter de confondre ce qui est vérifiable mais n’est pas encore vérifié et ce qui est invérifiable. Que penser de la question « La Science peut-elle tuer Dieu ? » si elle n’indiquait pas en soi un problème de définition du concept de « Dieu » (dont les voies sont impénétrables). Les positivistes ont eu tendance à oublier que certaines choses ne seront jamais démontrées et ne sont pas pour autant déraisonnables. Des questions telles que « Qu’est ce qui a créé Dieu ? » resteront sans réponse car il faudrait connaître une infinité de choses et l’infini est inaccessible, par définition.

Certaines personnes qui croient raisonner selon la « raison scientifique » pourront avoir tendance à ne faire aucune différence entre ce qui est démontrable facilement (une espèce en voie de disparition par exemple) et ce qui ne l’est pas (l’existence de Dieu). Si la religion a longtemps imposé ses conditions à la science (notamment lorsqu’elle refusait d’accepter que la Terre était ronde ou héliocentrique), aujourd’hui, la science voudrait parfois imposer ses conditions à la religion. Or, il s’agit de deux domaines distincts qui ne peuvent empiéter l’un sur l’autre. La science donne des réponses là où la religion ne peut pas en donner et inversement.

Pour un scientifique, il y a simplement une différence entre ce qui est démontré et ce qui ne l’est pas. Ainsi, toute idée qui n’est pas démontrée, qu’elle soit démontrable ou non, est du domaine de la croyance. Dans ce cas, croire n’est pas renoncer à l’usage de la raison dans la mesure où l’individu pense qu’à un moment ou à un autre, la chose pourra être démontrée et passera du domaine de la croyance à celui de la raison.

Certaines idées feront à la fois partie de la croyance et de la raison comme, par exemple, l’existence d’extra-terrestres. C’est à la fois une croyance puisqu’on ne l’a pas démontré, qu’on n’en a jamais vu et qu’on n’est pas sûr de leur existence et c’est raisonnable de croire qu’ils existent dans la mesure où il y a peu de raison pour que la vie ne soit apparue que sur Terre, étant donné l’étendue de l’Univers. Quant à se prononcer sur l’existence de Dieu, il est tout aussi raisonnable de penser qu’il existe une « entité supérieure » à l’origine de tout que de penser que tout à pu partir du strict « rien ».

 

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