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La raison dogmatique (1/3)

par Jiby (23-11-2012)

Qu’est ce que la croyance et la raison ? Sont-elles systématiquement opposées ? Sinon, quand se rejoignent-elles ? Croire, n’est ce que de la superstition ? N’y aurait-il pas une part de raison dans la croyance ? La raison peut-elle tout expliquer ? Est-elle dictée par la science, le savoir ? La raison ne serait-elle pas un moyen d’être sûr de notre croyance ? Croire, c’est admettre, être persuadé, convaincu, c’est avoir la foi, estimer, juger… La raison, elle, est un principe de vérité associé au « bon sens », à la sagesse. Elle s’oppose à l’instinct, à l’imagination et à la passion qui semblent définir la croyance.

Mais dans les deux cas, croire et raisonner, ce peut-être tenir pour vrai. Il existe en fait, plusieurs degrés de raison, qu’on peut classer en trois types : la raison « dogmatique » conforme à la majorité, puis la raison « scientifique » qui se base essentiellement sur la preuve par l’expérience. Enfin, la raison « libre » qui pose les problèmes existentiels.

La raison peut-être définie de différentes manières. Selon les périodes de l’histoire, les sociétés et leurs valeurs, la raison considérée varie.

Intéressons-nous d’abord à la raison que je qualifierais de « dogmatique » : elle se trouvait au moyen-âge sous sa forme la plus extrême : les idées étaient imposées bien souvent par la religion. Il ne fallait, en aucun cas, tenter de justifier ces idées car les justifier revenait à émettre l’idée-même qu’il puisse en être autrement. On ne se posait donc pas la question de savoir si les choses étaient vraies ou fausses : il fallait les admettre.

Si quelqu’un, par imprudence, venait à contredire les idées communément admises, il devenait dangereux pour l’équilibre qui s’était instauré dans la société. Il était donc rejeté, excommunié voire châtié par l’inquisition, pour décourager toute autre personne qui serait tentée d’en faire autant. Jeanne d’Arc crut entendre Dieu lui parler : on ne se posa pas la question de savoir si c’était possible, les valeurs ne permettaient pas de dire de telles choses : on la brula.

Dans cette société, la raison était imposée par les écrits, de la Bible notamment. Et dans ce cas, raisonner, c’était accepter les idées de tous sans en être sûr. On peut également citer l’exemple de Copernic qui s’aventura à dire que la Terre tournait autour du soleil. On dit de lui qu’il n’était pas raisonnable : simplement parce qu’il ne disait pas comme tout le monde à un moment de l’histoire où la « raison des dogmes » surpassait la « raison scientifique ».

Aujourd’hui encore, pour certains, les choses sont telles qu’on leur a toujours enseigné : ils ne réfléchissent pas par eux-mêmes. Ils sont conformes aux dogmes fixés par leur entourage ou la société. Les valeurs familiales et sociales peuvent transformer des doctrines en dogmes. Il en est ainsi dans les domaines de la politique, de l’économie, de l’histoire ou des religions… Par exemple, beaucoup croient au libéralisme s’ils sont nés dans une famille libérale ou croient au socialisme s’ils sont nés dans une famille socialiste, pourtant aucune preuve n’est démontrée scientifiquement que l’un soit meilleur que l’autre. Les exemples de l’histoire ne sont que des cas particuliers. S’en servir comme argument revient à pratiquer un raisonnement par induction, qui, s’il peut sembler commode, n’a rien de la rigueur scientifique.

Pour autant, de ce type de raison « dogmatique », découlent également les axiomes indémontrables tels que 1+1=2 et donc 2-1=1 qui ne peuvent être prouvés et sur lesquels s’appuient pourtant de nombreuses preuves scientifiques. Dans ce cas, la raison est souvent synonyme d’évidence.

Cette raison est proche de la « logique instinctive ». Celle qui nous permet par exemple de détecter rapidement le sexe d’une personne selon son visage, ou encore de détecter lorsque deux personnes sont jumelles. On se fie beaucoup à nos sens (et notre « bon sens ») c'est-à-dire qu’on se fie aux choses qu’on a l’habitude de voir, d’entendre ou encore de savoir…Lorsqu’on a pensé longtemps quelque chose, il devient difficile de changer d’opinion. Pour expliquer ce type de raison, on peut évoquer l’expression « je n’en crois pas mes yeux ». Si on se met à voir un arbre pousser dans du ciment, on aura l’impression que nos sens nous trompent, à moins d’avoir été prévenu d’un progrès de la science qui permet de faire pousser des arbres dans le ciment.

Par ailleurs, on se doit d’évoquer également la raison « empirique ». Les personnes âgées en sont les principales utilisatrices puisque ce sont elles qui en sont le plus pourvues. Ces personnes se basent sur leur expérience de vie pour justifier des idées, donner des conseils, etc. mais elles ne tiennent pas compte de l’évolution qui suit la courbe du temps : Ce qui était vrai ou raisonnable jadis, ne l’est plus forcément quelques années plus tard.

 

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