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VUE SUR LA VIE

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Millefaces Axid Flech Vue sur la vie M contre N Neopolis En pleine cible

Sans lui...

par Jiby (30-09-2006)

Dés que l’Homme a commencé à construire des civilisations, il a dû instaurer des valeurs sociales : le travail, l’échange et le mérite sont de celles-là. Il a rapidement voulu donner des valeurs aux choses : deux moutons valent un bœuf, un poisson pour cinq œufs.

On peut se représenter de façon simplifiée la société de l’époque : il y avait probablement le pêcheur et celui qui préférait chasser le gibier n’étant pas assez patient, étant plus adroit ou ayant peur de l’eau. Ces Hommes devaient se côtoyer et ont eu rapidement l’idée de varier leurs repas. Ils décidèrent d’échanger : échanger des aliments,… échanger des services, échanger des pratiques techniques.

Dans cette société, il y avait aussi ceux qui confectionnaient des armes, des maisons, etc. Chacun avait son utilité pour lui et pour les autres. Chaque service ou chaque objet pouvait s’échanger avec un autre. Les spécialités de chacun n’étant pas celles de tous, chacun pouvait bénéficier de ses compétences propres et de celles des autres par l’échange.

Pour éviter les déséquilibres dans les échanges, qu’une personne offre un œuf en échange d’un bœuf par exemple, l’Homme a voulu fixer des ordres de grandeur en donnant une relativité à la valeur des services et des choses échangées.

Puis, pour faciliter ces échanges, l’Homme a eu recours à des objets intermédiaires, qui symbolisaient le dette de l’un envers l’autre. « Tu m’as donné 3 œufs, je te donne 3 cailloux que tu m’échangeras plus tard contre autre chose, ces 3 cailloux symbolisent ma dette » . Ainsi naquît probablement la première monnaie. On n’échangeait plus directement les services ou les objets mais des objets intermédiaires les symbolisant.

Afin de se mettre en harmonie sur les valeurs symbolisées par les objets intermédiaires utilisées pour les échanges et afin que les échanges puissent se faire entre plus de 2 personnes. Une normalisation est apparue pour que tous les Hommes utilisent les mêmes monnaies.

Il fallu trouver quelque chose de suffisamment rare pour que les gens ne puissent pas ramasser de la monnaie sur le bord du chemin (sinon il aurait suffi de ramasser des cailloux pour devenir riche, si les cailloux étaient la monnaie) mais de suffisamment abondant toutefois pour qu’il puisse y en avoir assez à répandre dans la société.

Quelques mineurs ont un jour peut-être découvert des cailloux lumineux : « si j’en avais beaucoup, de ces jolis cailloux, je serai riche : je les échangerais contre un chevreuil !» et rapidement, les cailloux lumineux perdant leur utilité initiale (celle d’être de bons métaux pour fabriquer des outils), devinrent la monnaie d’échange : l’argent. L’histoire n’est peut-être pas tout a fait celle-là mais une part de vérité doit s’y cacher.

Rapidement, on cessa de dire « un bœuf vaut 1000 œufs », et on finit par dire « 1 bœuf vaut 1000 pièces et un œuf en vaut 1 ».

L’argent est rapidement devenu un langage : il affichait aux autres ce qu’on était, ce qu’on vallait. Plus on travaillait, plus on avait d’argent. Une personne qui avait beaucoup d’argent était une personne travailleuse et compétente. Finalement, la richesse d’un Homme reflétait sa valeur.

L’argent était aussi un véritable symbole : celui de l’échange humain tel un foulard qu’on échange lors d’une course de relais. Aujourd’hui, chaque pièce parcourt une part du monde. Les pièces sont passées dans tant de mains, qu’elles se sont arrondies d’usure.

Et puis, un jour ; le mécanisme s’enraya, et ce fut le début de la fin de cette grande idée humaine. Ayant compris que la valeur d’un Homme était symbolisée par l’argent qu’il possédait. Certains se sont mis à s’approprier l’argent des autres, au nom d’une supériorité, d’une hiérarchie, d’un pouvoir, de droit divin par exemple.

Rapidement, il fut possible d’avoir beaucoup d’argent sans avoir les compétences. La grande idée était finie, l’argent n’était plus le symbole du travail et du mérite. C’est à cette époque, que la valeur travail a réellement perdu de sa force.

Et puis le mécanisme a continué de s'étouffer, lorsque ces privilégiés qui s’appropriaient l’argent des autres ont découvert une autre méthode pour s’enrichir et se sentir ainsi supérieur aux autres.

Il se sont mis à déterminer eux-mêmes, au nom des autres, la valeur des objets du monde. Ainsi, ils n’avaient plus besoin de s’approprier les biens ou l’argent des autres mais seulement de décréter que ce qu’ils possédaient, eux, avaient plus de valeur que ce que les autres possédaient. Dés lors, le peuple a perdu son pouvoir de déterminer de lui-même la valeur des choses, tel que la bourse le caricatura par la suite.

Au départ, l’argent servait à donner la valeur d’un travail. Il n’y avait pas l’idée de possession : on s’échangeait simplement des services et lorsqu’on s’échangeaient des biens, la valeur était déterminée par le travail qu’il avait fallu pour obtenir ou construire ce bien. Mais cette idée était déjà fossilisée. L’idée de matérialisme et de consommation l’avait remplacé avec véhémence. Il fallait donner au peuple l’impression qu’il contribuait à la richesse du monde, en lui faisant passer dans les mains les objets. Posséder, c’était exister. La valeur de ce qu’on portait représentait la valeur de ce qu’on était. Cette idée était répandue judicieusement par les privilégiés qui avaient confisqué la vraie richesse au peuple et qui ne voulait pas qu’il s’en aperçoive.

Et puis, un jour, le peuple, comprit que ce qu’il achetait n’avait pas la valeur qu’on lui prêtait lorsqu’il découvrit que ce qu’il fabriquait lui-même était de meilleure qualité que ce qu’il achetait. Il comprit aussi que la vraie richesse était la confiance en son travail, l’échange et le partage avec les autres.

Le bon samaritain, prêt à aider, serviable et dévoué, ne s’entendait plus répondre « combien je te dois » comme pour dire « voilà nous sommes quittes, j’ai transformé ton aide en simple travail rémunéré. Tu n’as pas à être fier de ta dévotion : Je te l’ai prise en te payant ». Chacun fut décidé à aider l’autre sans véritable contre-partie, et les profiteurs éventuels furent rapidement mis à l’écart, avec leurs objets sans valeurs qui les avaient rendu heureux mais qui appartenait à un monde matérialiste qui n’avait plus d’avenir.

L’individualisme céda inexorablement sa place au partagisme et le mot société retrouva tout son sens.

Alors finalement pourrait-on vraiment envisager ce monde sans argent ?

Oui, il a déjà existé !

 

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