Pseudo:

Mdp:

Inscription - Mdp oublié

VUE SUR LA VIE

Rechercher un article

Afficher tous les articles

Afficher tous les dossiers

Millefaces Axid Flech Vue sur la vie M contre N Neopolis En pleine cible

Les limites du langage (3/3)

par Jiby (11-11-2006)

Lorsque vous ne connaissez pas le sens d’un mot, l’étymologie peut souvent vous aider. L’étymologie nous raconte la folle histoire du langage que nous avons oublié : En effet, beaucoup de mots ont évolué, parfois plus vite que ceux qui les emploient. Prenons le sens du mot « nature » : comment le définissez-vous ?… Comme nation ou natalité, le mot contient nat- qui signifie naître. Les biologistes le savent : la nature tue pour faire naître. La nature, elle-même, est sans cesse en train de naître : Au cours des saisons, on le voit : la fleur qui pousse, les feuilles qui tombent ou le petit animal qui vient au monde ou le quitte… c’est là encore le cycle de la vie…cycle des saisons, cycle de la matière…

La nature fait naître et pourtant elle tue : Malgré tout, mère Nature n’est ni bonne, ni méchante. Elle se résume à cette phrase, ô combien célèbre chez les: « Rien ne se créée, rien ne se perd, tout se transforme. ». En fait, nous sommes constitués d’atomes, et chacun de ses atomes a son histoire qui a commencé il y a plusieurs milliards d’années. Donc nous sommes tous, en quelques sortes, des morceaux de fossiles, vieux mais réutilisés (« recyclés » comme on dirait maintenant) et vivants. Après cela, vous semble t-il toujours si stupide de croire en la réincarnation ?.

Vous voyez… on ne maîtrise pas le langage. Observez maintenant comme il est limité : Définissez-moi le goût d’un fruit, la banane par exemple, et que votre définition permette à quelqu’un qui n’y a jamais goûté, de savoir précisément le goût de ce fruit…n’insistez pas : c’est IMPOSSIBLE.

Encore un exemple pour mieux vous convaincre : Votre corps est-il considéré comme un objet pour vous-même ? L’homme n’est pas l’outil dont il se sert, donc l’homme est différent de son corps (considéré comme un outil). C’est paradoxal, n’est-ce pas ? Est ce que « moi », c’est seulement mon âme (mon cerveau qui pense) ou est-ce que « moi », c’est tout mon corps (mon cerveau y compris) ? Dans le deuxième cas, « moi », c’est à la fois ce que je suis et ce qui m’appartient (mon corps qui me sert d’outil, mais aussi , pourquoi pas, tous les objets qui m’appartiennent : meubles, etc.). En effet, quand on perd un être chère, voir un objet qui lui appartenait (et qui lui est donc associé) c’est un peu le voir lui-même. Revenons au corps comme outil : mon pied, par exemple est-il un objet pour moi ou est-il plutôt un bout de moi-même ? Ne vous est-il jamais arrivé d’être allongé sur un lit , à regarder bouger vos doigts de pied, et vous dire « ce qui bouge là, c’est à moi, c’est même moi. ». Et finalement de vous mettre à imaginer un instant, comme l’aurait fait Maupassant, que ces pieds échappent soudain à votre contrôle, et que quelqu’un les dirigent à votre place, en vous menant là où vous ne voulez pas aller.

Finalement qu’est-ce qu’un « outil », un « objet » ou un « pied » ? Voilà donc un énorme problème de définition comme on en rencontre bien plus souvent qu’on le croit , si on veut l’admettre. Les académiciens, s’ils avaient un peu moins la prétention de détenir LE sens des mots, auraient abandonné depuis longtemps la rédaction du dictionnaire. C’est vrai que les dictionnaires sont bien pratiques mais il ne faut pas perdre de vue le fait qu’il ne donne qu’UNE définition approximative et sans contexte. En fait, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il n’existe aucune définition précise, nette, rigoureuse et claire. Voici des exemples variés:

- Imaginez un homme sans bras, sans jambe, aveugle, sourd, sans nez, sans sexe, … Peut-on considérer que c’est un être humain ? Où commence et où s’arrête le concept de l’humain ?

- Une « maison », on voit ce que c’est…d’accord. Mais si je vous dit « niche » :Est-ce qu’une niche est une maison ? Oui ? Non ?…Ne cherchez pas…Il n’y a pas de réponse.

- L’« herbe », est-ce notre bonne vieille pelouse avec son nom latin précis (une seule espèce végétale déterminée) ou est-ce, à priori, toute plante qui est verte et qui ne fait pas plus de 10 cm ?

- Le « ski », est-ce le sport précis avec des règles officielles précises et affirmées ou est-ce que le petit amateur qui se laisse glisser sur « deux bouts de bois » fait aussi du ski sans respecter les règles officielles ?

- Le mot « inverse », que veut-il dire ? contraire ? opposé ?. Concrètement : l’inverse du mot « frère », c’est quoi ? : Sœur ? Parents autres que le frère ? Toute personne qui n’est pas le frère de quelqu’un ? Toute personne n’étant pas notre frère ? Toute personne étant fils ou fille unique ? C’est peut-être un peu tout ça à la fois. En maths, l’inverse de 2 est ½ ,de même que l’opposé de +2 est –2 pourtant, on pourrait dire que l’inverse, comme l’opposé de 2, c’est tout les nombres qui ne sont pas 2 (c’est à dire : 1, *, 0.5, 3, 9.2, etc.).

Enfin, comme tout repère, le langage et la communication en général nécessite d’y être initié :

- Lisez cette phrase : « on (n’)est jamais que des humains » (doit-on écrire le n’ ou n’est-ce qu’une liaison). Il faut comprendre « on est seulement des humains » alors que, mot pour mot, ça signifie le contraire « on n’est pas seulement des humains ». Celui qui n’a jamais entendu cette expression avant, ne peut pas deviner que cette phrase signifie l’inverse de ce qu’elle dit.

- Le langage des signes ou le langage de la gestuelle chez les animaux : Chez un poisson exotique appelé cichlide, les deux sexes se distinguent, comme chez beaucoup d’animaux, par les couleurs : les femelles ont des bandes sombres que n’ont pas les mâles : La malicieuse femelle avance vers le mâle de manière à ce qu’il ne voit pas les bandes…le mâle tente alors de l’attaquer en la prenant pour un mâle concurrent, et dés qu’elle se retourne : il est choqué, stoppé net car chez de nombreux animaux, l’inégalité des sexes veut que les femelles ne soient jamais agressée. (Cette anecdote est une référence à L’agression de K.Lorentz.)

Il y a un métier qu’on aurait pu imaginer mais qui n’existe pas (encore) : celui d’interprète (traducteur) de langage d’animaux (comprendre les aboiements d’un chien par exemple).

La communication est fondamentale imaginez que tous les objets soient extraordinairement intelligents (une chaise, une lampe, un oreiller,…) mais ne peuvent l’exprimer, ne peuvent pas communiquer…on les prends alors pour des inintelligents, pour des « sans âmes ». Et on ne les considère pas comme respectables en soi. Il en est de même pour les êtres humains, ceux qui ne maîtrisent pas le langage seront exclus.

 

Recommander cet article : .

2.3/5

 

DANS CE DOSSIER Le sens caché des mots

Les limites du langage (3/3) (11-11-2006 par Jiby)

Le poids des symboles dans les contes (2/3) (10-11-2006 par Jiby)

Ce qu’on dit sans le savoir (1/3) (09-11-2006 par Jiby)

 

COMMENTAIRES