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Pour ou contre l'euthanasie ?

par Jiby (18-05-2007)

POUR

Peut-on, au nom de l’aspect sacré de la vie, lui enlever toute sa beauté en maintenant en vie une personne qui souffre ? La souffrance, elle peut-être physique ou elle peut être morale, elle est celle du patient mais elle est aussi celle de l’entourage, du médecin et de toute la société qui ne sait comment soigner la douleur.

N’en déplaise au code civil, l’Homme est le seul propriétaire de son corps et seul maître de sa vie. Il doit donc être le seul à décider de ce qu’il veut faire de son corps et de son esprit et y donner la mort s’il le décide car il sait mieux que quiconque ce qu’il désire.

L’être humain n’est-il qu’un « bout de viande » qu’il faut maintenir en vie à tout prix ? Ou est-il fait de sentiments et de sensation qui, elles seules, donnent un sens à la vie ?

L’euthanasie, c’est redonner ce sens à la vie en redonnant la dignité humaine aux mourants. Elle permet d’éviter la dégradation de l’individu, la perte de capacités physiques ou mentales qui détruisent l’image d’une personne auprès de ses proches ou d’elle-même et qui rendent parfois impossible le retour à une vie « normale » et agréable pour l’individu concerné. Pourquoi maintenir un être humain dans un état végétatif, qui comme son nom l’indique, lui fait sous certains aspects, perdre ce statut d’être humain ?

Il n’est plus possible de parler de « bonheur de vivre » lorsque notre vie est dépendante de l’aide d’autrui : sentiment d’être un fardeau et sentiment d’inutilité sociale à la fois. Souvent abandonnés à l’hôpital ou les souffrances sont parfois trop peu prises en compte par les médecins, les mourants souhaitent accélérer la fin de leur vie.

Les personnes qui s’opposent à l’euthanasie se mettent bien trop souvent dans la situation du proche qui décide plutôt que dans celle de la personne qui souffre. On souhaite parfois l’interdiction de l’euthanasie pour les autres et une exception pour soi-même, lorsqu’on est celui qui souffre.

L’euthanasie est finalement plus « naturelle » que le maintien « artificiel » en vie à l’aide de tuyaux et de substances chimiques.

L’interdiction par la loi de l’acharnement thérapeutique pour les individus atteints de maladies mortelles dont aucun remède n’est connu se doit d’être accompagné d’une légalisation de l’euthanasie sans quoi il ne s’agirait que de « laisser mourir » sans « aider à mourir » et ne ferait que rallonger la durée de la période de souffrance avant le décès. Quand on se sait condamné, on doit pouvoir choisir la « méthode » pour mourir : injection sans douleur plutôt qu’un arrêt respiratoire par exemple.

L’euthanasie n’est pas un suicide simple ou un meurtre si elle est décidée après concertation avec des équipes de médecins, et contrôlée par une loi qui l’encadre. De plus, la légalisation de l’euthanasie dans certaines conditions permettrait d’éviter la clandestinité du geste et donc ses dérives.

On croit souvent que les religions s’opposent à l’euthanasie, et pourtant ce sont elles qui nous disent que la vie n’est qu’une étape et qu’il ne faut pas avoir peur de la mort ; cette peur qui fait bien souvent qu’on est contre l’euthanasie.

En pensant à cette maman qui après avoir donné la vie à son fils, lui offre la mort, on comprend que si la mort peut devenir un dernier cadeau, il peut être le plus beau.

 

CONTRE

Les religions le disent mais sans elles, on peut en avoir la conviction, la vie est un don. Si nous sommes vivants, nous ne savons pas pourquoi mais il y a probablement des raisons qui nous dépassent, il n’est donc pas de notre ressort d’y mettre fin. De même que nous ne décidons pas d’être vivant, nous n’avons à décider d’être mort. On peut penser que la maladie est une épreuve qu’un « Dieu » nous envoie afin de la surmonter pour devenir plus fort.

Le patient doit décider s’il veut mourir ? Peut-on vraiment considérer que, étant donné l’état dans lequel se trouve le patient, il est apte à prendre des décisions raisonnées concernant la vie ? Quelle décision prendre dans le cas d’un patient inconscient ? Il est à craindre que dans un grand nombre de cas, ce soit quelqu’un d’autre qui prenne la décision à sa place.

Bien souvent, la souffrance du patient se confond avec celle de l’entourage. L’entourage pourrait ainsi prendre la décision de l’euthanasie pour abréger les souffrances du patient sans avoir conscience que c’est avant tout sa propre souffrance qu’il cherche à abréger (un individu dans le coma n’a, par exemple, pas de douleur contrairement à son entourage).

Une partie des médecins considèrent que les progrès en matière d’anti-douleurs et de soins palliatifs tranquillisants rendent l’euthanasie inutile.

La mort est toujours un échec et aussi choquant que cela puisse paraître, dans le cas d’euthanasie, on peut considérer qu’il est une « solution de facilité » de la part du patient qui refuse de surmonter les douleurs que la vie lui inflige, de la part de l’entourage qui veut cesser sa propre douleur de voir un proche souffrir ou encore de la part d’un médecin qui ne sait que faire d’autres et pour lui éviter d’avoir à chercher d’autres solutions. Dans ce cas, l’euthanasie peut être envisagée comme le moyen d’évacuer, parfois égoïstement, un « problème ».

Autoriser l’euthanasie, c’est légaliser un empoisonnement, un meurtre, un suicide. Pire, c’est l’encourager car si on autorise le suicide contre la souffrance physique par l’euthanasie, pourquoi condamner les suicides contre la souffrance morale des gens en bonne santé physique ?

Accepter l’euthanasie c’est ouvrir la porte aux plus grands dérapages :

- les meurtres maquillés en euthanasie par l’entourage ou le médecin (on peut imaginer un médecin qui utilise l’euthanasie pour cacher une erreur médicale).

- le meurtre pour accélérer un héritage.

- l’exercice de pressions morales de la part des proches qui rendrait les dernières heures du malade particulièrement tristes.

- l’apparition de pressions financières sur le malade à cause du coût élevé des soins (les malades chercheraient à mourir rapidement, pour ne pas exercer de pression financière sur les proches, particulièrement dans le cas de familles pauvres).

- le développement du « jeunisme » : si les jeunes décident que « votre heure est venue »…

- le développement de l’eugénisme (sélection des humains en fonction de caractéristiques « bonnes » ou « mauvaises ») : si les équipes médicales considèrent qu’une tare (défaut pouvant être d’origine génétique) ne vaut pas la peine qu’on maintienne la vie de son porteur.

Faut-il le rappeler ? L’euthanasie est une décision irréversible : imaginez qu’un remède soit trouvé un mois après que la personne soient euthanasiée. A l’inverse, imaginez une personne qui n’a pas subi d’euthanasie et se trouve guérie d’une maladie et qu’elle vous dise : « Heureusement que je ne suis pas mort car maintenant je suis heureux : je sais à quel point ma vie a de la valeur ».

 

 

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